lundi 11 décembre 2017

Hassan Nasrallah: The Palestinian Cause and Al-Aqsa Mosque are in mortal danger

Hezbollah Secretary-General Sayed Hassan Nasrallah's speech on December 7th, 2017, following Donald Trump's decision to recognize Al-Quds (Jerusalem) as the capital of Israel



Transcript:
 
[...] The subject of my talk tonight is the recent US decision announced yesterday by the President of the United States of America regarding his recognition of Al-Quds (Jerusalem) as the capital of “Israel” in quotes (or rather) of the Zionist entity.  
 
But before I begin, while we're still in the atmosphere of these blessed commemorations, I want to address my congratulations to all Muslims of the world during these days of the anniversary of the birth of the Greatest Prophet, the Seal of Prophets, Muhammad b. Abdullah, peace be upon him and his family, and of the blessed birth of his descendant Imam Ja'far al-Sadiq, peace be upon him. 
 
O my brothers and sisters! As was said yesterday in more than one place in the Arab and Islamic world, we have the feeling of being faced with a new Balfour Declaration, a second Balfour Promise. Is it a coincidence or calculation, (exactly) 100 years after the first Balfour Declaration, a second Balfour Promise falls upon us.  
 
I want to talk about three points here as concisely as possible, despite the large number of points that should be developed on this matter. The first point concerns the understanding (of the nature and magnitude) of the dangers of this American decision, and some of the dangers that add themselves to it. The second point will evoke certain facts on which this American decision sheds light, namely what it means, what it shows and what it reveals. The third point is the stance that is required. And finally a conclusion. 

samedi 9 décembre 2017

Hassan Nasrallah : la cause palestinienne et la mosquée Al-Aqsa sont en danger mortel

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 7 décembre 2017, suite à la décision de Donald Trump de reconnaître Al-Quds (Jérusalem) comme capitale d’Israël 



Transcription : 

[Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. 

Louange à Dieu, Seigneur des Mondes, et que les prières et les salutations soient sur notre Maître et Prophète, le Sceau des Prophètes Abul Qasim Muhammad b. Abdillah, sur sa famille excellente et purifiée, sur ses compagnons choisis et fidèles ainsi que sur l’ensemble des Prophètes et Envoyés. 

Que la paix soit sur vous tous, ainsi que la Miséricorde et les Bénédictions de Dieu.] 

Le sujet de mon intervention de ce soir est la décision américaine récente annoncée hier par le Président des Etats-Unis d’Amérique quant à sa reconnaissance d’Al-Quds (Jérusalem) comme capitale d’ « Israël » entre guillemets, (ou plutôt) de l’entité sioniste. 

Mais avant de commencer (mon propos), je me dois, alors que nous sommes toujours dans l’ambiance de ces commémorations bénies, d’adresser mes félicitations à l’ensemble des musulmans du monde à l’occasion de l’anniversaire de la naissance du Plus Grandiose des Prophètes ces jours-ci, le Sceau des Prophètes, Muhammad b. Abdillah, paix et bénédictions de Dieu sur lui et sur sa famille, ainsi que la naissance bénie de son descendant l’Imam Ja’far al-Sadiq, paix sur lui. 

O mes frères et sœurs ! Comme cela a été dit hier dans plus d’un endroit du monde arabe et islamique, nous avons le sentiment d’être face à une nouvelle Déclaration Balfour, une seconde Promesse Balfour. Est-ce une coïncidence ou un calcul, (exactement) 100 ans après la première Déclaration Balfour, une seconde Promesse Balfour nous frappe. 

Je souhaite parler de trois points à ce sujet, avec (toute) la concision possible, malgré le grand nombre de points qui devraient être développés à ce sujet. Le premier point concerne la compréhension (de la nature et de l’ampleur) des dangers de cette décision américaine, et de certains des dangers qui s’y ajoutent. Le second point évoquera certaines causes et conséquences de cette décision américaine, à savoir ce qu’elle signifie, ce qu’elle démontre et ce qu’elle révèle. Le troisième point sera la prise de position qui s’impose. Et enfin une conclusion. 

Premièrement, en ce qui concerne la compréhension des dangers entraînés par la décision américaine. Si nous comprenons l’ampleur des dangers entraînés par cette décision, cela constituera un encouragement pour nous tous à agir et à assumer nos responsabilités, et également, par ailleurs, à ne pas écouter les voix qui vont s’élever dans les prochains jours, lorsque chacun fera part de sa position, je m’attends à ce que nous entendions des voix dans le monde arabe et islamique qui affirmeront que ce qui s’est passé n’a pas d’importance ou de valeur, qu’il ne s’est rien passé (qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter), et par conséquent, (nous entendrons malheureusement) des démentis quant à l’importance et aux dangers de cette décision.   

En considérant les dangers (impliqués par cette décision), une brève introduction : nous savons tous que l’ennemi israélien, cette entité et ses dirigeants, par principe, ne respectent pas les résolutions internationales – c’est quelque chose de prouvé et d’établi, il suffit de considérer l’ensemble des résolutions internationales (s’appliquant à Israël) –, ils ne respectent pas les conventions internationales, ils ne respectent pas les accords internationaux, et ils ne respectent même pas les accords qu’ils ont eux-mêmes (élaborés et) signés. Leurs intérêts priment sur tout et ont toujours le dernier mot. Et ils ne respectent même pas ce qu’on appelle la communauté internationale ou la volonté internationale. Ils se moquent de ce que disent les pays arabes, les pays islamiques, les pays européens – oui, même les européens –, les Russes, la Chine, l’Amérique Latine, le Canada ou l’Australie. Pour cette entité, la seule chose qui importe fondamentalement, ce sont les Etats-Unis d’Amérique et la position américaine. C’est (une réalité) bien connue. 

Et par conséquent, durant les décennies passées, les gouvernements successifs de l’ennemi ont essayé de prendre possession d’Al-Quds, de s’en emparer, à tous les égards : humainement, au niveau des habitants, des lieux saints, à tous les niveaux. Mais les gouvernements américains successifs également, au prétexte d’être les garants de la paix, de parrainer les négociations, de veiller (impartialement) à respecter l’équilibre entre les pays de la région, entre Israël et ses alliés arabes, etc., autorisaient parfois de manière limitée, et parfois interdisaient, les mesures israéliennes (d’accaparement graduel) d’Al-Quds. Par exemple, en ce qui concerne le processus d’expulsion progressive des Palestiniens d’Al-Quds, petit à petit, parfois les Etats-Unis détournaient le regard et permettaient ces expulsions – comme on dit, ils fermaient les yeux –, et parfois ils les interdisaient et prenaient une position (contre). Tout avançait dans ce cadre (de faux-semblants). En ce qui concerne la construction de colonies, même chose, elle se faisait petit à petit : parfois ils s’y opposaient, parfois ils la facilitaient, parfois ils détournaient le regard. En ce qui concerne l’appropriation de maisons et de biens des Palestiniens, même chose. En ce qui concerne l’avancée progressive vers la mosquée Al-Aqsa, même chose. Ainsi, la position américaine constituait une protection ou un encouragement, d’une manière ou d’une autre, faisant en sorte qu’Israël ne s’empare pas (ouvertement et) d’un seul coup de toute la ville, et que le projet sioniste à Al-Quds ne s’accomplisse pas complètement (d’un seul coup mais graduellement). 

Si nous sommes attentifs (aux données de) cette introduction, nous comprendrons le danger de la nouvelle décision américaine. Car que leur a dit Trump ? Il leur a dit : « Cette (ville) d’Al-Quds, toute entière, Ouest et Est, est à vous, c’est votre terre, c’est votre capitale. Elle est soumise à votre souveraineté. » Par conséquent, c’est fini, l’encouragement tactique américain, qui s’expliquait par la diplomatie, la politique des (pseudo-)négociations, de la mesure et de l’équilibre des positions entre l’entité sioniste et les pays arabes et islamiques, tout cela s’est écroulé hier, abattu par un coup fatal. Maintenant, le gouvernement ennemi, Netanyahu et son parti, n’ont plus d’obstacles face à eux, après cette position américaine. Et cela nous amène à entrer dans quelques détails au sujet des dangers. Je vais les énumérer de manière progressive, jusqu’au plus grand danger. 

Premièrement, les habitants palestiniens d’Al-Quds Est : quel sera leur sort après cette décision américaine ? Est-ce que la nationalité israélienne leur sera imposée ? Comme pour les Palestiniens de 1948 ? Ou est-ce qu’ils seront expulsés ? Etc., etc., etc. Qu’est-ce qui les attend ? Si par le passé il y a avait des limites au sujet de l’expulsion des Palestiniens d’Al-Quds, après cette décision, les portes sont ouvertes (à tout). 

Deuxièmement, quel est l’avenir des biens des Palestiniens à Al-Quds ? Par le passé, on a vu dans les médias de (tragi-)comédies israéliennes : ils s’emparaient d’une maison ici, de deux maisons là, ils construisaient une maison ici ou là, tantôt au prétexte de violations de la loi, d’absence de permis de construire, etc., etc. Mais maintenant, quel sera le sort de ces biens ? L’accaparement (par Israël) ? La destruction ? Car maintenant, en ce qui concerne la souveraineté, c’est terminé, il n’y a plus aucune interdiction américaine, et les Israéliens se comporteront avec une souveraineté totale. Donc les biens des Palestiniens, leurs maisons, leurs propriétés, leurs champs, leurs terres à Al-Quds (sont tous sous menace imminente d’accaparement ou de destruction). 

Troisièmement, par le passé, si une colonie était construite, cent ou deux cents maisons, et que les voix (de protestation) des Européens s’élevaient, que les Américains leur disaient « Fermezla » et « Restez tranquilles », maintenant, nous allons assister à un mouvement de colonisation massif et rapide, sans aucun obstacle et sans aucune limite à l’intérieur de l’Est d’Al-Quds et dans toute l’agglomération de la ville d’Al-Quds. 

Quatrièmement, Al-Quds va s’étendre davantage en direction de la Cisjordanie, sous l’intitulé du « Grand Al-Quds ». Demain, tout ce qui avoisine Al-Quds sera intégré au « Grand Al-Quds ». Et cela sera même acté dans les négociations, s’il peut encore y avoir des négociations. 

Et à ce niveau – en ce qui concerne les habitants, les propriétés, les maisons et les colonies, la colonisation, tout ce qu’ont fait les Israéliens durant des décennies, ils feront bien davantage en une période de temps très restreinte. Et c’est là un grand danger.  

Cinquièmement, et on arrive également aux plus grands dangers, le sort des lieux saints de l’Islam et du Christianisme. Auparavant, Al-Quds avait un statut spécial, reconnu par la communauté internationale, etc. Maintenant, que reste-t-il de ce statut spécial ? Rien du tout. La souveraineté sur les lieux saints musulmans et chrétiens, selon la reconnaissance américaine, appartient aux Israéliens. Et ils sont libres de faire ce qu’ils veulent. Et nous entendons depuis le début, et durant ces dernières années, des voix qui s’élèvent, affirmant que c’est l’occasion historique de reconstruire le Temple [juif de Salomon, ce qui implique la destruction de la mosquée Al-Aqsa], et de réaliser les projets sionistes à cet égard. Après cette déclaration, on peut en toute franchise affirmer que les lieux saints musulmans et chrétiens sont en grand danger, qu’on doit tirer la sonnette d’alarme, mais ce qui est en plus grand danger encore, c’est la mosquée Al-Aqsa elle-même. La mosquée Al-Aqsa elle-même. Que personne ne soit surpris si un jour, avec tout ce qui se passe dans le monde, on se réveille un matin et qu’on s’entende dire qu’il y avait des cavités sous la mosquée Al-Aqsa, qu’on ne sait pas ce qui s’est passé, qu’un tunnel a été creusé ou un mur détruit et que la mosquée a été (accidentellement) détruite, ne nous en voulez pas Mesdames, Messieurs. Cela peut se produire n’importe quelle nuit, à n’importe quel instant. Donc le sort même des lieux saints musulmans et chrétiens, surtout la mosquée AlAqsa, (est gravement menacé). 

Sixièmement, l’avenir de la cause palestinienne dans son ensemble. Car Al-Quds est le cœur même de la cause palestinienne, son socle, son Axe, son fondement. Lorsque de fait, Al-Quds est retirée de cette cause, qu’en reste-t-il ? Il n’en reste rien. Aujourd’hui, que dit Trump aux Palestiniens et au peuple palestinien, aux communautés arabe et islamique et au monde entier ? « Il  n’y a plus de cause palestinienne. C’est terminé. Il y a des individus Palestiniens, certains sont présents à l’intérieur de (l’entité) ‘Israël’ d’après leurs termes, certains sont à l’extérieur, il faut trouver une solution. Voyons donc où on peut les loger, les installer, peut-être qu’on peut les emmener en Jordanie ou leur donner le Sinaï (égyptien), leur donner une sorte d’autonomie administrative. Et que faire de ceux qui sont à Gaza ? » Telle est (toute) l’étendue de la question. 

Mais quant à la cause palestinienne, le cœur et le fondement de la cause palestinienne qu’est AlQuds, en ce qui concerne les Etats-Unis, cette question a pris fin hier. Et cela même pour ceux qui croient en la voie des négociations (ce qui n’a jamais été le cas du Hezbollah). Et à plus forte raison pour l’avenir de l’Etat palestinien indépendant dont la capitale est la sainte Al-Quds. Que reste-t-il d’Al-Quds pour les Américains, qui puisse être négocié et obtenu (pour capitale de la Palestine) ? Indépendamment (des différences entre ceux qui) revendiquent la Palestine (toute entière) de la Mer (Méditerranée) au fleuve (Jourdain), qui acceptent les frontières de 1967 de manière permanente ou qui acceptent les frontières de 1967 de manière provisoire, les Palestiniens sont unanimes sur le fait que la capitale de l’Etat palestinien, quelle que soit son étendue, doit être Al-Quds Est. Aujourd’hui, les Américains ont rayé cela de manière définitive. 

Les Américains, les (prétendus) parrains des négociations et garants des accords – lorsqu’ils aboutissaient –, déclarent à nous tous et aux Palestiniens qu’Al-Quds ne fait pas partie des négociations, que c’est terminé, que ce n’est pas un sujet de débat, de négociation ou même de discussion. Si les négociations se poursuivent, il faudra parler d’autres choses, mais (en aucun cas) d’Al-Quds. Qu’est-ce que cela signifie ? Pour ceux qui sont intéressés par les négociations et par ce qu’on appelle « le processus de paix », en toute clarté et en toute franchise, certains l’ont déclaré, hier, Trump a tiré la balle ultime (et fatale) sur ce processus. Et certains ont même déclaré que c’était un processus mort-né dès le départ, mais que Trump a eu le courage d’annoncer son décès. Mais il y a peut-être encore, dans le monde arabe, des gens qui insistent pour affirmer qu’il est encore en vie. 

Un autre danger – et je conclurai (le premier point) là-dessus – également en ce qui concerne ce qui se trouve en dehors d’Al-Quds, lorsque les Etats-Unis ont l’audace de s’en prendre à ce qui est le plus cher aux Palestiniens, aux Arabes, aux musulmans, aux chrétiens, aux mondes arabe et islamique, et de s’en emparer ainsi – je parle d’Al-Quds –, demain, que sera donc le sort de la Cisjordanie ? Que sera le sort du Golan (territoire syrien occupé) ? Des fermes de Cheb’a et des collines de Kafar Chouba (territoires libanais occupés) ? Et de toute autre chose ? Lorsqu’ils ont l’audace de s’en prendre à ce qui t’est le plus cher, le plus saint, sans rien craindre, sans prendre le moindre élément en considération, comment se comporteront-ils donc avec ce qui lui est incomparable en sainteté, en importance, et (pèse infiniment moins) sur les aspects de la civilisation, des sentiments (nationaux), de la religion ? Et c’est pourquoi toutes les autres causes qui sont l’objet d’une lutte avec l’ennemi israélien seront menacées, surtout si on se tait face à cette dangereuse décision. Ce ne sont que quelques-uns des dangers, énoncés de manière rapide.

Maintenant, si on s’arrête et qu’on y réfléchit posément, qu’on y consacre un peu de temps, 24 heures, deux ou trois jours, que les gens s’assoient et y réfléchissent (ensemble), on découvrira beaucoup (d’autres) dangers contenus dans cette décision, surtout si elle ne rencontre que le silence, car au-delà de ce qui touche au conflit israélo-arabe, l’un des plus grands dangers est que les Américains n’aient plus aucune retenue ou limite (pour) tout ce qui se trouve dans le monde arabe et musulman. Car la communauté qui se tait face au viol d’Al-Quds, arrachée de force à son histoire, à sa civilisation, à son cœur, à sa raison, à son âme et à ses sentiments (les plus profonds) est une communauté qui peut abandonner n’importe quelle autre chose, qu’elle ait un lien avec le conflit israélo-arabe ou avec toute chose qui susciterait les ambitions ou la convoitise de l’administration américaine.  

[…] 

Suite à venir

lundi 27 novembre 2017

Hassan Nasrallah: the US keep supporting ISIS in every possible way

Speech by Hezbollah Secretary General Sayed Hassan Nasrallah on November 20, 2017, following the victory of Al Boukamal and one day after the meeting of the Arab League which again designated Hezbollah as a terrorist organization


Transcript:

[...] When we get to the point where Iraqi leaders will announce their final victory against ISIS and Syrian leaders will announce the final victory against ISIS, we will have to sit and talk, we will need to make calls, organize conferences and studies...

Of course, we will also need real festivities to celebrate the victory because it will be a great victory, a victory against the organization representing the greatest danger (for all) that soiled more than anyone the religion of Muhammad b. Abdillah, peace and blessings be upon him and his family, since 1,400 years. This will be the victory of humanistic and moral values against horrific bestiality, cruelty and violence. A victory that will have a huge impact on the cultural, religious, humanitarian, military, security, political levels, as well as on the very image (of Islam and Muslims) and at all levels.

And at that moment, we will have to repeat that the Iraqi people, the Syrian people, the Lebanese people, all the elites and all the leaders and peoples of the region should reflect, weigh and return to the question of the identity of the creators, supporters, advocates and promoters of ISIS, that enabled them to commit these terrorist massacres [US, UK, France, Saudi Arabia, Turkey, Qatar...], and the identity of those who have stood against ISIS, fought them, offered martyrs in this fight [Iran, Syria, Irak, Hezbollah, Russia] and inflicted a defeat on ISIS and all those who stand behind them. This is a discussion to be held with depth and strength so that the (Muslim) believers do not become victims twice of the same ills.

vendredi 24 novembre 2017

Hassan Nasrallah : les Etats-Unis font tout ce qu'ils peuvent pour assister Daech



Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 20 novembre 2017, suite à la victoire d’Al Boukamal et au lendemain de la réunion de la Ligue Arabe qui a désigné à nouveau le Hezbollah comme organisation terroriste



 Transcription :

[…] Lorsque nous arriverons au point où les dirigeants irakiens annonceront leur victoire finale face à Daech et que les dirigeants syriens en feront de même, il faudra que nous nous asseyions et discutions, nous aurons besoin de lancer des appels, d’organiser des conférences et des études…

Bien sûr, nous aurons également besoin de véritables festivités célébrant la victoire, car ce sera une très grande victoire, une victoire contre cette organisation qui représentait le plus grand danger (pour tous) et qui a sali plus que quiconque la religion de Muhammad, paix et bénédictions de Dieu sur lui et sur sa famille, depuis 1400 ans. Ce sera la victoire des valeurs humanistes et morales contre la bestialité, la cruauté et la violence atroces. Une victoire qui aura des répercussions énormes sur les plans culturel, religieux, humanitaire, militaire, sécuritaire, politique, quant à l’image même (de l’Islam et des musulmans) et à tous les niveaux.

Et à ce moment, il faudra réitérer le propos selon lequel le peuple irakien, le peuple syrien, le peuple libanais, toutes les élites et tous les dirigeants et peuples de la région doivent réfléchir, pondérer et revenir sur la question de l’identité des créateurs, soutiens, défenseurs et promoteurs de Daech, qui leur ont permis de commettre tous ces massacres terroristes, et l’identité de ceux qui se sont dressés face à Daech, l’ont combattu, ont offert des martyrs dans ce combat et infligé une défaite à Daech et à tous ceux qui se tiennent derrière eux.

C’est une discussion qui doit se tenir en profondeur et avec force afin que les (musulmans) croyants ne puissent tomber deux fois dans le même piège.

Revenons à la victoire d’Al Boukamal [dernier bastion territorial de Daech en Syrie, repris par les forces de Syrie, d’Iran, du Hezbollah et de Russie]. Qu’y ont fait les Américains ? Car cela sera également utile aux discussions qui devront se tenir ensuite. Dans la bataille d’Al Boukamal, les Américains ont fait tout ce qu’ils ont pu pour aider Daech, à l’exception d’une seule chose : ouvrir directement le feu sur les forces alliées qui œuvraient à la libération d’Al Boukamal. C’est la seule chose qu’ils n’aient pas faite, ils n’ont pas ouvert le feu sur nous. Les forces aériennes américaines n’ont pas frappé les forces syriennes et alliées qui libéraient Al Boukamal de Daech.

Voyons donc quelques exemples de ce qu’ils ont fait.

Premièrement, ils ont assuré une couverture aérienne à Daech dans toute la région à l’Est de l’Euphrate comprise entre le fleuve et la frontière irakienne. Dans cette région, Daech se déplaçait librement et ouvertement avec ses forces, ses tanks, ses armes lourdes, ses missiles, ses lignes de front, tout était sécurisé par les Américains. Les forces aériennes américaines ne les ont jamais frappés, alors qu’ils prétendent être à la tête d’une alliance internationale pour combattre Daech, et empêchaient les avions russes et syriens de s’approcher de cette région. Et ils ont menacé, en cas de frappes russes ou syriennes à l’Est de l’Euphrate, de frapper l’Ouest de l’Euphrate et donc de frapper les forces alliées qui attaquaient Abou Kamal. Voilà pour le premier point : une couverture et une protection aériennes complètes de Daech à l’Est de l’Euphrate, et donc de leurs lignes de front durant notre offensive et durant leur retraite.

Deuxièmement, les Américains envoyaient leurs drones au-dessus des forces alliées qui libéraient Abou Kamal et fournissaient – ce ne sont pas des accusations (gratuites), mais des données et des informations très sensibles – des informations précises à Daech qui pouvait ensuite frapper les cibles repérées par les drones américains.

Troisièmement, ils ont mené une guerre électronique intense qui œuvrait à brouiller tous les appareils électroniques utilisés par les forces offensives.

(Quatrièmement), lorsque finalement Daech a été défait à Abou Kamal, ils ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour aider Daech à se retirer, pour les protéger et sauver leurs vies. C’est toujours la même histoire, ce n’est pas la peine de la répéter. Tout ce qu’ils pouvaient faire pour faciliter et protéger la retraite de Daech, ses dirigeants et ses capacités d’Abou Kamal jusqu’à l’Est du fleuve, les Américains l’ont fait. Et ils ont également été accueillis et conseillés dans les régions contrôlées par les Kurdes des soi-disant Forces syriennes démocratiques.

Entre parenthèses, nous devrons – c’est une hypothèse légitime – nous attendre dans un futur plus ou moins proche à ce que des résidus de Daech se reforment et deviennent des bataillons des « Forces syriennes démocratiques » dirigées, soutenues et menées présentement par les forces américaines en Syrie.

Et dernier point, durant la bataille et après celle-ci, des hélicoptères américains se posaient dans les régions de Daech et en extrayaient des dirigeants, des personnes (parmi les rangs de Daech pour les sauver). Il convient de s’interroger sur leur rôle, leurs actions, les ordres qu’ils recevaient des Américains auprès de Daech. Et cela s’est produit dans plusieurs lieux et à plusieurs reprises, notamment à Deir Ezzor et en Irak.

Voilà ce qu’ont fait les Américains. Et leur véritable souci était que Daech résiste à Abou Kamal jusqu’à la fin, et que cette offensive des forces syriennes et alliées contre Abou Kamal soit un échec. Et c’est là une preuve supplémentaire de l’étendue de l’ingérence américaine, de leur soutien et de leur protection pour Daech aussi longtemps que possible. Souvenez-vous donc que les Américains ont déclaré que l’élimination de Daech nécessiterait 30 ans selon certains, 25 ans selon d’autres, et 10 ans pour les plus optimistes, mais l’Axe de la Résistance dans la région est parvenu à infliger une défaite (quasi définitive) à Daech en seulement quelques années. Cela constitue une humiliation pour les dirigeants américains et pour la politique américaine. Et cette ingérence hautement néfaste se poursuit jusqu’à présent. Ces mensonges et tromperies américains doivent être révélés publiquement à nos peuples.

Il y a quelques jours, un ami et allié des Etats-Unis – il ne s’agit pas d’un responsable iranien –, le Président de la Turquie Erdogan, a accusé ouvertement les Etats-Unis de continuer à soutenir financièrement Daech. Je lui dis quant à moi qu’ils ne les aident pas seulement avec de l’argent. Mais contentons-nous de sa déclaration. C’est le Président d’un grand et puissant Etat, et il déclare publiquement, dans un discours en présence du peuple – ce ne sont pas des déclarations enregistrées à la dérobée – que les Etats-Unis continuent jusqu’à présent de soutenir Daech financièrement, car les Etats-Unis sont toujours résolus à utiliser Daech. Et le danger est que Daech soit reconstituée à nouveau par les Américains dans une prochaine étape, avec un nouveau nom, de nouveaux slogans et sous de nouvelles formes pour accomplir les mêmes missions que réalisait Daech. […]

jeudi 23 novembre 2017

Ali Khamenei : l'élimination de Daech est un service rendu à toute l'humanité

Réponse du Guide Suprême Sayed Ali Khamenei à la lettre du général Qassem Soleimani annonçant la fin de Daech : 
Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Je remercie Dieu Tout-Puissant, du plus profond de mon cœur, de vous avoir béni ainsi que les efforts sincères de vos collègues contre l’entité maléfique de Daech, fondée par une puissance mondiale tyrannique, et éradiquée en Syrie et en Irak par vos mains, vous les pieux serviteurs de Dieu.

Cela ne constitue pas seulement un coup porté à ce groupe cruel et notoire qu’est Daech. C’est un coup porté à tous les hommes politiques sans scrupules qui se sont évertués à allumer les feux des guerres civiles dans la région, détruire la résistance antisioniste et affaiblir les États indépendants par l’intermédiaire des infâmes dirigeants de ce groupe usurpateur. C’est un coup porté à l’actuel gouvernement des États-Unis et au précédent, ainsi qu’à leurs régimes vassaux dans la région, qui ont créé ce groupe et ont cherché, par tous les moyens, à étendre leur hégémonie atroce en Asie occidentale pour renforcer l’emprise du régime sioniste occupant sur cette région.

En détruisant cette tumeur cancéreuse, vous avez fait une grande faveur, non seulement aux pays de la région et au monde de l’Islam, mais à toutes les nations et à toute l’humanité. 

C’est là une récompense divine, un vrai exemple du verset coranique « Ce n’est pas vous qui avez porté les coups, mais Dieu (qui l’a fait à travers vous) » [Coran, s. 8, v. 17], accordé à vous et à vos soldats en rétribution de vos efforts continus pour Dieu. 

Je vous félicite sincèrement, mais j’insiste sur la nécessité de ne pas être négligents face aux méfaits de l’ennemi. Ceux qui ont tramé et financé cette sinistre conspiration ne resteront pas les bras croisés, et ils vont essayer de la revivifier dans une autre partie de la région ou d’une autre manière. 

Il faut rester alertes et vigilants, préserver l’unité, éliminer tous les éléments dangereux et maintenir un travail culturel intelligent ; en somme, il faut rester prêts à tout.

Je prie Dieu pour qu’Il vous protège ainsi que tous les frères moudjahidines (combattants) d’Irak, de Syrie et des autres pays.

Je vous fais part à tous de toute ma gratitude et de mes meilleures salutations. 

Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur vous.

Sayed Ali Khamenei 

21 novembre 2017

mercredi 22 novembre 2017

Le général iranien Qassem Soleimani annonce la fin de Daech en Syrie et en Irak



Dans une lettre adressée au Guide Suprême de la République Islamique d'Iran Sayed Ali Khamenei le 21 novembre 2017, le commandant en chef de la Force Al-Quds (Jérusalem) du Corps des Gardiens de la Révolution Iranienne (IRGC), le Général Qassem Soleimani, responsable des opérations extérieures, a annoncé la fin de Daech en Syrie et en Irak. Ce message est retranscrit intégralement ci-dessous.

Voir la réponse de Ali Khamenei ici : http://sayed7asan.blogspot.nl/2017/11/ali-khamenei-lelimination-de-daech-est.html?m=1



Au Nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

« En vérité, nous t’avons accordé (ô Prophète Muhammad) une victoire éclatante. » [Coran, s. 48, v. 1] 

A notre cher et courageux leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah Khamenei.

Paix et salutations sur vous.

Il y a six ans, un complot dangereux, semblable à ceux qui furent fomentés du temps du Commandeur des Croyants [l’Imam Ali b. Abi Talib], paix sur lui, et empêchèrent les musulmans de vraiment comprendre l’Islam pur de Muhammad, paix et bénédictions sur lui et sur sa famille, cette fois mêlé au poison du sionisme et de l’Arrogance mondiale [les Etats impérialistes], a frappé le monde islamique telle une tempête ravageant tout sur son passage. 

Cette sédition dévastatrice et infectieuse a été fomentée par les ennemis de l’Islam dans le but d’initier une guerre généralisée au sein du monde islamique et une lutte (fratricide) entre les musulmans. Ce mouvement malfaisant, sous le nom (usurpateur) d’ « État Islamique d’Irak et du Levant » (Daech), a réussi, au cours des premiers mois, à tromper des dizaines de milliers de jeunes musulmans dans les deux pays, provoquant une crise très dangereuse dans les pays influents et cruciaux pour le monde islamique que sont l’Irak et la Syrie. 

Ils ont occupé des centaines de milliers de kilomètres carrés de territoire de ces pays ainsi que des milliers de villages, de villes et de centres provinciaux ; ils ont détruit des milliers d’usines, de manufactures et de grandes infrastructures de ces pays – y compris des routes, des ponts, des raffineries, des puits, des oléoducs et gazoducs et des centrales électriques ; ils ont détruit ou brûlé des villes importantes qui abritaient de précieux monuments historiques et des civilisations nationales en les bombardant. 

Bien qu’il ne soit pas encore possible de calculer l’étendue réelle des dommages causés, l’enquête préliminaire les estime à environ 500 milliards de dollars. Cet événement (funeste) a inclus des crimes d’une horreur extrême qui ne pouvaient pas être montrés, notamment la décapitation d’enfants, l’écorchement d’hommes à vif sous les yeux de leurs familles, l’enlèvement et le viol de jeunes filles et de femmes, le supplice par le feu et le massacre de centaines de jeunes gens. 

Les habitants de ces pays, tétanisés par cette épidémie déferlante, sont devenus les victimes des criminels takfiris ou ont quitté leurs foyers, déplacés dans d’autres villes et pays. 

Au cours de cette sédition terrible, des milliers de mosquées et de centres sacrés des musulmans ont été détruits ou ruinés, parfois avec leur Imam et tous les fidèles présents à l’intérieur. Plus de 6.000 jeunes, trompés au nom de la défense de l’Islam, se sont fait exploser dans des attentats-suicides en utilisant des véhicules piégés sur les places publiques, dans les mosquées, les écoles, et même les hôpitaux et les lieux publics fréquentés par les musulmans ; du fait de ces actes criminels, des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants innocents sont tombés martyrs. 

Tous ces crimes ont été conçus et mis en œuvre par des dirigeants et des organisations américains, selon l’aveu du plus haut fonctionnaire américain, l’actuel Président des États-Unis ; de plus, ce plan est encore en cours de modification et de mise en œuvre par les dirigeants américains actuels.

En plus de la Grâce de Dieu et de la bénédiction spéciale du grand Prophète Muhammad – paix et bénédiction sur lui et sur sa famille – ainsi que de son honorable demeure – la paix soit sur eux –, ce qui a conduit à la défaite de cette sombre et dangereuse conspiration a été le sage leadership de Son Excellence l’Ayatollah Sistani, qui [par sa fatwa ordonnant la mobilisation générale contre Daech] a tout mobilisé pour faire face à cette tempête infectieuse. De manière certaine, la résistance des gouvernements irakiens et syriens et la persévérance des armées et des jeunes de ces deux pays, en particulier les saintes forces de mobilisation populaire (FMP), Al-Hashd Al-Shaabi, et d’autres jeunes musulmans d’autres pays, avec la présence proéminente du Hezbollah dirigé par son grand chef, Sayed Hassan Nasrallah, ont joué un rôle décisif dans le reflux de ce danger. 

En toute certitude, le rôle précieux de la Nation et du gouvernement de la République Islamique d’Iran – et en particulier de l’honorable Président –, du Parlement, du ministère de la Défense, ainsi que des organisations policières, militaires et de sécurité de notre pays, qui ont soutenu ces États et nations, est admirable. 

L’humble serviteur que je suis, soldat appelé par Votre Eminence à servir sur ce champ de bataille, vous annonce la fin de l’emprise (territoriale) de cette entité maudite et malfaisante, après le succès de l’opération de libération d’Abou Kamal, dernier rempart de Daech, où le drapeau de ce groupe terroriste américano-sioniste a été mis à bas et remplacé par le drapeau de la Syrie. Au nom de tous les commandants et de tous les combattants anonymes sur le champ de bataille, au nom des milliers de défenseurs iraniens, irakiens, syriens, libanais, afghans et pakistanais du Saint Mausolée, tombés martyrs ou blessés, ayant donné leur vie pour défendre la vie et l’honneur des musulmans et leurs lieux saints, je vous félicite ainsi que la noble nation islamique d’Iran et félicite les nations d’Irak, de Syrie et tous les musulmans du monde. Je me prosterne devant le Dieu Tout-Puissant en signe de gratitude pour cette grande victoire. 

« Et la victoire ne peut venir que de Dieu, le Tout-Puissant, le Sage. » [Coran, s. 3, v. 126] 

Votre fils et soldat, 

Qassem Soleimani

vendredi 17 novembre 2017

Stop aux persécutions infligées à Norman Finkelstein !

Source: http://www.europalestine.com/spip.php?article13578&lang=fr


Le Professeur américain Norman Finkelstein, qui a perdu son poste à l’université pour avoir défendu la cause palestinienne, se trouve désormais agressé, humilié et menacé de prison pour avoir pris la défense d’un de ses anciens étudiants face à des avocats requins, qui nagent en eau trouble. Il passe en procès le 3 novembre prochain. Signons la pétition adressée à la présidente du tribunal de New York.






Plus de 15.000 personnes, dont Silvia CATTORI, Olivia ZEMOR, Bruno GUIGUE, Charles GLASS, Sara ROY, Mihalis YANNAKAKIS, Alice WALKER, Khaled ABOU EL FADL & Grace SONG, Lee SWANSON, Alfred DE ZAYAS, and Mouin RABBANI, ont signé une pétition adressée à Janet DiFiore, présidente des juges de l’Etat de New York, pour réclamer la relaxe du Pr. Norman Finkelstein.

Nous avons exposé cette affaire dans notre article du 29 septembre dernier :
http://www.europalestine.com/spip.php?article13486

Norman Finkelstein, libéré sous caution, doit comparaître le 13 décembre devant la cour criminelle de New York et risque jusqu’à deux ans de prison pour sa mise en cause de ces deux avocats, Michael Chetkof et Allyson Burger, qui essaient de soutirer un maximum d’argent à son ancien étudiant, le Dr Baldeo, et maintenant à lui-même.

Il décrit dans cette vidéo, la manière dont il a été kidnappé à son domicile le 9 octobre dernier, et brutalisé par la police suite à son intervention auprès de ces deux avocats :




Nous appelons à signer la pétition pour sa relaxe et la fin de ce harcèlement contre cet universitaire, historien et auteur de livres — qui n’ont certes pas plu au lobby israélien (comme "L"Industrie de l’Holocauste", dans lequel il dénonce l’instrumentalisation aux Etats-Unis du génocide des juifs, lui qui appartient à une famille de déportés, victimes de ce génocide.)

Pétition : https://www.change.org/p/janet-difiore-chief-judge-of-the-state-of-new-york-norman-g-finkelstein-must-walk-free

CAPJPO-EuroPalestine