samedi 10 juin 2017

Vladimir Poutine : Trump n'est qu'un pion de l'Etat profond US

Interview de Vladimir Poutine sur Macron, Trump, l'Ukraine, la Syrie et la Russie (Le Figaro)

L’interview a été enregistrée le 29 mai à Paris lors de la visite du Président russe en France.
 

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr (voir l'interview intégrale ici)




Transcription :


Journaliste : Vous avez mentionné les États-Unis. Les allégations d’ingérence de la Russie dans l’élection présidentielle aux États-Unis ont soulevé une tempête politique à Washington. Des allégations similaires ont également été exprimées en France. Quelle est votre réponse, surtout dans le contexte des développements récents aux États-Unis ? 
Vladimir Poutine : J’ai déjà commenté cette question plusieurs fois. Il y a eu une question d’un de vos collègues à ce sujet aujourd’hui. Il l’a dit avec beaucoup de précaution à la conférence de presse, disant que « il y a des allégations selon lesquelles des pirates russes... » Qui est l’auteur de ces allégations ? Sur quoi se basent-elles ? Si ce ne sont que des allégations, alors ces pirates pourraient être de n’importe où ailleurs et pas nécessairement de Russie.

Comme l’a dit le Président Trump, et je pense qu’il avait tout à fait raison lorsqu’il a dit cela, ça aurait pu être quelqu’un qui était assis sur son lit (un particulier) ou peut-être que quelqu’un a intentionnellement inséré une clé USB avec le nom d’un ressortissant russe ou quelque chose comme ça. Tout est possible dans ce monde virtuel. La Russie ne s’engage jamais dans des activités de ce genre, et nous n’en avons pas besoin. Cela n’aurait pour nous aucun sens de faire de telles choses. A quoi bon ?

J’ai déjà parlé à trois Présidents américains. Ils vont et viennent, mais la politique reste la même en tout temps. Vous savez pourquoi ? A cause de la puissante bureaucratie. Lorsqu’une personne est élue, elle peut avoir certaines idées. Ensuite, des gens avec des mallettes arrivent, bien habillés, portant des costumes foncés, tout comme le mien, à l’exception de la cravate rouge, puisqu’ils portent des cravates noires ou bleu foncé. Ces personnes commencent à expliquer comment les choses se font. Et instantanément, tout change. C’est ce qui se passe avec chaque administration.

Changer les choses n’est pas facile, et je le dis sans ironie. Ce n’est pas que la personne ne veut pas le faire, mais parce qu’il est très difficile de le faire. Prenez Obama, un homme qui voit loin, un libéral, un démocrate. N’avait-il pas promis, avant son élection, de fermer Guantanamo ? Mais l’a-t-il fait? Non, il ne l’a pas fait. Et puis-je demander pourquoi ? Ne voulait-il pas le faire ? Il le voulait, j’en suis sûr, mais cela n’a pas fonctionné. Il a sincèrement voulu le faire, mais n’a pas réussi, car cela s’est révélé très compliqué.

Ce n’est pas le problème principal, cependant, même s’il est important, car il est difficile de comprendre que des gens ont marché [à Guantanamo] dans des chaînes depuis des décennies sans procès ni enquête. Pouvez-vous imaginer la France ou la Russie agir de cette façon ? Ce serait une catastrophe. Mais c’est possible aux États-Unis et ça continue à ce jour. Il s’agit de la question de la démocratie, soit dit en passant.

Je me suis référé à cet exemple seulement pour montrer que ce n’est pas aussi simple qu’il le parait. Cela dit, je suis prudemment optimiste et je pense que nous pouvons et devrions être à même de parvenir à des accords sur des questions clés.

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